UNE FETE EN CIMMERIE

25 JUIN – 4 SEPTEMBRE 2003
Horaires : de 10 h à 18 h
Ouvert tous les jours sauf le mardi

une fete en cimmerie - planche XII
Une fête en Cimmérie - Planche XII
Lithographies originales de Henri MATISSE
Tériade, éditeur, Paris MXMCXIII (1963)
Collection particulière
© Succession.Henri.Matisse
DIVERSES APPROCHES D'UN MEME THEME
Claude Duthuit :
« Comment pouvait-il ne pas profiter d’expressions correspondant si bien à sa conception du portrait ? […] Lui qui se désespérait lors d’un portrait de commande de ne pouvoir trouver chez son modèle, un volume, une caractéristique d’où […] se pourrait lancer le trait initial, trouverait dans la candeur ou les ravages du visage inuit ces traits qui feraient d’un coup d’œil le tremplin de sa main. »

« Henri Matisse et l’art du Grand Nord », Isabelle Monod-Fontaine, conservateur et directeur-adjoint du Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou :
« Matisse, tout comme Derain ou Picasso, s’est autorisé dès 1905-1906 toutes les excursions, dans l’histoire des formes et dans l’espace, pour mieux nourrir son travail. Cette curiosité, ou pour mieux dire cette avidité pour des arts autres, ou primitifs, fut bien entendu tributaire de l’accessibilité des œuvres, qu’elles puissent s’offrir directement (physiquement) au regard dans les musées, les collections particulières, dans les expositions, chez les antiquaires ou revendeurs.»

« Les yeux fermés, Henri Matisse et le dessin en aveugle », Claudine Grammont, historienne d’art :
« La pratique du dessin en aveugle est récurrente chez Matisse. Contrainte féconde, la privation du regard accompagne sa réflexion sur le dessin, à chaque fois que celle-ci prend une inflexion décisive. […] pour la première fois, en dessinant sans y penser, les yeux fermés , Matisse découvre "la vie dans l'étude du portrait". Il y a l'avant et l'après cette première illumination : avant le dessin d'après modèle est un acte conscient, froid, volontaire, après il devient involontaire faisant intervenir la mémoire et le sentiment. »

« Une fête en Cimmérie, de l’autoportrait au masque », Marie-Thérèse Pulvénis de Séligny, conservateur du musée Matisse, Nice :
« la représentation des visages esquimaux, comme l'emploi d'un langage universel, s'apparente, dans son évolution au principe de simplification des traits appliqués à de nombreux portraits de l'œuvre de Matisse. Les figures deviennent « masques ». Chaque expression se rapproche, d'une façon surprenante, de celle qui émane des masques esquimaux dont la force expressive est impressionnante. »