CONSERVATION, RESTAURATION POUR L'AVENIR D'UNE COLLECTION

Exposition 02 avril - 15 juin 2003

DOSSIER DE PRESSE
Le caractère d’une collection :

une importante collection d’arts graphiques

La collection de dessins du musée, l'une des plus importantes au monde, témoigne de la sensibilité du peintre et de son travail ininterrompu, et confirme que le dessin acquiert avec Matisse le statut de grand œuvre.
En effet, couvrant la période de 1892 à 1952, cette importante collection permet de comprendre l’équilibre recherché par l’artiste entre le dessin, la sculpture et la couleur, jusqu’aux gouaches découpées.

Description de la collection de dessins

Tous les thèmes de l’œuvre de Matisse, portraits, nus, paysages, natures mortes, y sont rassemblés. Certains font partie de séries d’étude, telles les Nu debout (1907-1908), les portraits d'Eva (1948) ou d'Aragon (1942), ou plus encore de Variations, réunies par la suite dans l'album Thèmes et Variations (1942).

Cette collection contient des œuvres remarquables comme le Portrait de Madame Matisse (1915), Géranium dans un vase (1916), Tête (Bouddha) (1939), Nu couché de dos (1944), ainsi que les grands dessins réalisés à l'encre de chine, comme Le Platane (1951), le Grand acrobate (1952).

La collection donne une idée du travail intense de l’artiste. Les vingt-sept dessins préparatoires, études d'ensemble et analyses de détail, de la Danse de Merion créée entre 1930 et 1933 en sont un exemple. Ils permettent de comprendre l’évolution de la composition de la grande peinture architecturale destinée à la Fondation Barnes. Les soixante études pour la chapelle de Vence (1948-1950) et les grands dessins à l'échelle, Saint Dominique, Vierge à l'enfant et le Chemin de Croix, révèlent aussi l’ampleur du travail mené par Matisse pour réaliser ce projet de décoration.

L’évolution de Matisse

La collection de dessins du musée constitue également un fond de grande valeur pour étudier l’art du dessin dans l’œuvre de Matisse.

Les dessins académiques comme Étude de vieillard assis (ca. 1893-1895), Étude d’Antique (Hermès rattachant sa sandale) (ca. 1893-1895) révèlent son application à comprendre les Maîtres, à étudier leur technique, dans le cadre d’une formation classique.

Avec la période "fauve" (1905), le dessin de Matisse s’érige en œuvre à part entière, dont l’expression artistique ne se limite plus à des études préparatoires ou à des esquisses. Explorant des méthodes graphiques diverses, Matisse travaille au fusain d’une façon très personnelle. Il s’imprègne des formes jusqu’à la découverte de la ligne essentielle et expressive. Le trait du dessin, net et vif, se détache sur le gris de l’estompe.
Ainsi, par étapes successives, Matisse s'approche de ce qu’il considère comme l’essentiel dans l’expression, jusqu’à utiliser la plume et l’encre de Chine sur le blanc du papier :

C'est pour libérer la grâce, le naturel que j'étudie tellement avant de faire un dessin à la plume .

Enfin, la technique particulière des papiers gouachés découpés, tons purs dans lesquels Matisse découpe ses formes, sera l’aboutissement de ses recherches, unissant la couleur, le dessin et la sculpture.

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