CONSERVATION, RESTAURATION POUR L'AVENIR D'UNE COLLECTION

Exposition 02 avril - 15 juin 2003

DOSSIER DE PRESSE
Différents exemples de restauration

Chasubles

La totalité des maquettes des vêtements sacerdotaux en gouaches découpées, destinés aux offices de la chapelle de Vence, ont fait l’objet d’un travail exhaustif de remontage et de réencadrement : changement des anciens matériaux, pour certains contaminés par des insectes, réflexion sur la conception d’un nouveau système de montage et d’encadrement à base de matériaux neutres, prise en compte de la notion élémentaire de réversibilité des éléments mis en œuvre.
La même réflexion a été menée sur le remontage de plusieurs œuvres de grand format, comme la « Danseuse créole », le « Nu bleu ».

La collection d’objets personnels d’Henri Matisse

La collection d’objets personnels de Matisse donne la possibilité aux visiteurs de faire le lien entre certains chefs-d'œuvre et la source de leur création. L’origine très diverse de ces objets témoigne de l’intérêt du Maître pour différents arts et civilisations.

Le guéridon maure

[…] prenez cette table par exemple. Je ne peins pas littéralement cette table, mais l'émotion qu'elle produit sur moi. *

La restauration du guéridon maure a consisté en grande partie au collage des éléments de sa structure désolidarisée. L'ensemble de sa surface a été légèrement nettoyée. Les teintes de certains motifs ont été reprises, des micro fissures de peinture ont été éliminées avec un polish neutre, puis une finition générale a été réalisée à la cire.

* Entretien avec Clara MacChesney, « A talk with Matisse, leader of Post-Impressionists », The New York Times, 9 mars 1913

Statuette de Dame Mingqi

Pour cet objet funéraire chinois, nommé statuette Mingqi, réalisée en terre cuite et peinte de couleurs à l’eau, la restauration a d’abord consisté à éliminer les traces des interventions antérieures. En effet, la tête avait été cassée et recollée à plusieurs reprises, engendrant à chaque fois des pertes de matière, jusqu’à supprimer pratiquement tout point de contact entre la tête et le corps. Puis, la surface de la statuette très sensible à l'eau a été nettoyée à sec avec une gomme douce en latex et des cotons-tiges humidifiés. Le remontage et la consolidation ont été réalisé avec une résine acrylique connue pour sa stabilité dans le temps. Le comblement du cou a été réalisé grâce à l'utilisation de micro sphères de verre imprégnées de résine acrylique. La protection de cette retouche, mais aussi sa brillance, ont été harmonisées avec l'ensemble de la statuette avant l'application d'une cire micro cristalline.

Les quarante ans du musée : 1963-2003

Matisse découvrit Nice lors d’un premier séjour en 1916-1917 et s’y installa en 1918, jusqu’à sa mort, le 4 novembre 1954. L’inauguration en 1963 du musée Matisse reflète le profond attachement de l’artiste à la ville, à qui il fit don d’un ensemble d’œuvres en 1953.
Son dernier lieu de résidence, depuis 1938, fut Cimiez. Des fenêtres de l'appartement-atelier qu'il occupait au troisième étage du Régina, il dominait la ville et la baie des Anges. Il connaissait bien cette partie de la colline et ses jardins, notamment ceux qui entourent la Villa des Arènes, dans lesquels il se promenait avec son infirmière, Monique Bourgeois*.
L’artiste ayant bien connu ce site, c’est tout naturellement que son épouse Amélie Matisse-Parayre et ses enfants, Marguerite, Jean et Pierre, choisirent la Villa des Arènes, au moment où ils firent à leur tour don à la Ville d’œuvres pour la création d’un musée.

En 1963, deux musées se partageaient la Villa des Arènes : le musée d’archéologie au rez-de-chaussée, et le musée Matisse, un des premiers musées monographiques de la région, au premier étage, et cela jusqu’en 1989.

Dès l'origine, la famille de l'artiste a joué un rôle essentiel en coordination avec les autorités municipales de la Ville de Nice. Elle porta une attention particulière à la présentation des collections, qui devait, par sa cohérence, faciliter et promouvoir la compréhension de l’œuvre de Matisse. Les trois enfants du peintre — Marguerite Duthuit, Jean et Pierre Matisse — respectant fidèlement les souhaits de leur père, participèrent activement à l'élaboration du projet, ainsi qu'à sa réalisation. Jean Matisse, lui-même sculpteur, présida à l'accrochage de la collection au premier étage de la Villa des Arènes et conçut un mobilier original destiné à en favoriser la présentation. Marguerite Duthuit, fille de Matisse, permit de rassembler les informations nécessaires à la mise en place de l’inventaire des collections. Pierre Matisse apporta son concours pour faciliter la réalisation du projet. Aujourd'hui, les héritiers du peintre continuent dans un même sens leurs actions en faveur du musée.

A l’occasion de l’exposition Conservation-Restauration pour l’avenir d’une collection et de l’inauguration du cabinet des dessins, Monsieur et Madame Claude Duthuit, la Fondation Marie-Gaetana Matisse, et d’autres membres de la famille Matisse souhaitent affirmer leur participation à l'enrichissement des collections du musée, par de futurs dépôts et donations.

Parmi les œuvres présentées, les dernières acquisitions du musée, quatorze lithographies consacrées au thème de la chapelle de Vence en 2001, et donations, dont celle de l’Association des Amis du musée, seront exposées.

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