Nature morte aux grenades, Vence, 1947

7 juillet au 30 septembre 2007



1947 – Vence, l’espace d’un atelier

Au cours de la seconde guerre mondiale, devant la menace des bombardements sur Nice, Matisse s’installe à la villa Le Rêve à Vence, à partir de la mi-juin 1943. Il y réside la plupart du temps jusqu’à la fin de l’année 1949, date à laquelle il retourne à Nice au Régina.

La relation constante entre la pièce où travaille Matisse et la nature extérieure ouvre le champs d’expériences picturales caractéristiques de la période vençoise.
Matisse crée des compositions où intérieur et extérieur sont interdépendants. Les deux espaces de même intensité se trouvent unifiés par l’utilisation de larges aplats de couleur vive.
L’espace perd sa perspective au profit de plans devenant des infinis sur lesquels le mobilier, les objets, les œuvres, les plantes autant que les modèles prennent leur place.

Dans une composition chaque élément doit être élevé à son maximum de rayonnement, de densité. Cet élément, bien que perçu à part, doit nécessairement concourir à l’harmonie de l’ensemble. (Verdet, 1952)

Comme à son habitude, le peintre mêle intimement son travail à sa vie. Les pièces de la villa Le Rêve se transforment en lieux de création.

Matisse compose son univers. Les œuvres en cours de réalisation côtoient, sur les murs, les toiles achevées. Dessins, papiers gouachés découpés, peintures deviennent des miroirs du perpétuel cheminement de l’artiste.

Objets, bouquets de fleurs, oiseaux se mêlent avec harmonie dans cette atmosphère porteuse de création.

C’est le milieu qui crée l’objet. C’est ainsi que j’ai travaillé toute ma vie devant les mêmes objets qui me donnaient la force de la réalité […]. Un verre d’eau avec une fleur est une chose différente d’un verre d’eau avec un citron. L’objet est un acteur : un bon acteur peut jouer dans dix pièce différentes, un objet peut jouer dans dix tableaux différents un rôle différent.
(propos recueillis par Maria Luz, in XXème siècle, janvier 1952)
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