Après avoir vu Matisse : Robert De Niro, Sr. - peintures et dessins
8 mars – 31 mai 2010
Le parcours de l'exposition
 Robert De Niro, Sr. dans son atelier
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Né à Syracuse, dans l’Etat de New York, le 3 mai 1922, Robert De Niro, Sr. se passionne très jeune pour la peinture. Dès 1939, il suit les enseignements de Joseph Albers (1888-1976), initiateur de l’art optique et membre important du Bahaus, qui enseigne à ses élèves, parmi lesquels Willem de Kooning, Robert Rauschenberg, son organisation scientifique des couleurs autour d’un modèle géométrique.
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 New Hampshire Landscape, 1970 Huile sur bois, 76,2 x 86,4 cm
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Abstraction expressionniste – L’Ecole de New York
En 1939, il est également l’élève de Hans Hofmann (1880-1966), membre de l’Ecole de New York, et qui fut en relation durant dix ans à Paris avec les peintres fauves et cubistes. Affirmant la peinture et le dessin en tant que geste, son enseignement, traitant de l’expressionnisme abstrait, porte sur une ligne active, une couleur intense et une application péremptoire de celle-ci.
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 Nude Figure with a Yellow Chair, 1977 Pastel sur papier, 76,2 x 61 cm
 Still Life with Vase, Chair and Mirror, 1972 Huile sur toile, 76,2 x 91,4 cm
 Landscape with Pond, 1978 Huile sur bois, 76,2 x 71,1 cm
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Le regard croisé avec Matisse
Au cours des années 1961 à 1964, Robert De Niro, Sr. séjourne en France. À cette époque son art a déjà pris une nouvelle direction. Les œuvres de peintres européens, comme celle de Bonnard, deviennent source de changements. L’artiste s’est éloigné de l’abstraction qu’il pratique jusqu’alors. La peinture flamande, celle de Delacroix et tout particulièrement celle de Matisse l’orientent vers un retour au figuratif dans des espaces concrets. Ainsi, Robert De Niro, Sr. peint des modèles dans des intérieurs, des natures mortes, des paysages.
La relation entre l’œuvre de Robert De Niro, Sr. et celle de Matisse se découvre à travers certaines compositions. Les nus féminins dans un intérieur rappellent la manière dont Matisse installe son modèle dans un fauteuil et organise les éléments de décors qui l’entourent. Ainsi l’esprit du fauteuil rocaille se retrouve dans Nu avec chaise jaune (1977) ou celui d’un vase avec anses sur une table Nature morte avec vase, chaise et miroir (1972).
Cependant, la palette de Robert De Niro, Sr. reste plus sourde. Le traité de la couleur, par aplats ou traits graphiques, s’organise en combinaisons plus abstraites et conserve le mouvement du geste et son improvisation.
Ces différences permettent de constater l’espace instauré entre les sources d’inspiration et la personnalité d’un artiste.
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 Verrerie espagnole, Andalousie Objet personnel de Matisse
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Les objets personnels de Matisse, la genèse des œuvres
L'objet est un élément essentiel de la création d’Henri Matisse en tant que source d'inspiration permanente. Il s'entoure dans ses différents lieux d'habitation et de travail de nombreux objets d’origine et de valeur diverses, trouvés chez des antiquaires, des brocanteurs ou rapportés de voyage.
Mon but est de rendre mon émotion. Cet état d’âme est créé par les objets qui m’entourent et qui réagissent en moi […]
L’objet est un acteur : un bon acteur peut jouer dans dix pièces différentes, un objet peut jouer dans dix tableaux différents un rôle différent.
Pour Matisse, plus que l’objet en soi, « Ce qui est important, c’est la relation de l’objet à l’artiste, à sa personnalité, et la puissance qu’il détient d’organiser ses sensations et ses émotions.»
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 Still Life with Flowers , 1978 Fusain sur papier, 66 x 47 cm
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L’estompe, l’effacement
Les dessins de Matisse au fusain et à la plume, comme la série Thèmes et variations (1942-1943), le Grand Acrobate (1952) au pinceau et à l’encre de Chine ou Arbre (Le Platane) (1951), de même que les peintures Intérieur à l’esclave (1924), Figure endormie (1941) représentent la recherche constante de Matisse vers la simplification de la ligne, et se trouvent être une forme d’expression reprise dans de grands dessins de Robert De Niro, Sr. avec de mêmes méthodes de travail. Les traits sont effacés au fur et à mesure de la création jusqu’à ne retenir que ceux qui constituent le dessin final, lequel se détache de la surface estompée.
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 Le grand atelier, photographie d’Hélène Adant, Le Régina, Nice, 1953
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Le langage propre de l’artiste
Pour Matisse, l’artiste peut trouver son propre langage à partir de l’observation de l’art du passé, et ainsi s’en évader sans rejeter les influences.
L’œuvre de Robert De Niro, Sr. entre ainsi en correspondance avec l’œuvre de Matisse, tant pour l’intérêt que tous deux portent au monde que par leur volonté de trouver une harmonie personnelle de langage.
Pour Matisse, le métier d’artiste doit mener vers sa propre vérité, sa liberté de traduire le plus directement son émotion.
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