Lydia D., muse et modèle de Matisse
19 juin – 27 septembre 2010

Parcours de l'exposition : Rez-de-chaussée Villa



Femme, vers 1938
Crayon sur papier, 25 x 32,5 cm
Pierre and Tana Matisse Foundation Collection, New York


Lydia Delectorskaya - Les bras croisés, une rencontre de peintre

En octobre 1932, Lydia se présente à Matisse, pour l’assister dans son travail sur l’œuvre monumentale La Danse, commandée par le Docteur Barnes pour sa fondation à Merion (Philadelphie). Elle sera son employée pendant six mois, puis deviendra en 1933 la dame de compagnie de Madame Matisse. Le peintre habitué aux modèles de type méridional ne prête d’abord pas attention au physique slave de Lydia. Il la remarque par hasard alors qu’elle est se trouve, pensive, les bras croisés sur l’accoudoir d’un fauteuil. La forme de ses mains, de ses bras dans lesquels s’enfouit son visage, retient son attention et sera l’une des poses de prédilection de Lydia en tant que modèle.



Nymphe dans la forêt – La Verdure,
1935-1943,
Huile sur toile, 245,5 x 195,5 cm


Nymphe dans la forêt – la Verdure, 1935-1943
Le Rêve, 1935

Fin février - mars 1935, Matisse s’intéresse à la personnalité de la jeune femme et réalise la peinture Les Yeux bleus. C’est la période de création de certains chefs-d’œuvre comme Le Rêve, accompagné de dessins d’études représentant Lydia dans sa pose aux bras croisés qui va devenir répétitive de 1935 à 1939.
Nymphe dans la forêt – La Verdure relève du thème des modèles endormis. Lydia pose pour une série de nus couchés au fusain, études préparatoires pour cette œuvre et pour la peinture Grand Nu couché, 1935, de la collection du Baltimore Museum of Art.



Hélène Adant
Lydia Delectorskaya et Henri Matisse,
vers 1950



Eléments biographiques

Née à Tomsk en Russie en 1910, Lydia arrive à Nice en 1930. Après avoir cumulé des petits emplois, elle rencontre Matisse en octobre 1932, et restera auprès de lui 22 ans. Dès 1935, date à laquelle le peintre remarque son expressivité, elle est tout à la fois dame de compagnie de son épouse, secrétaire et modèle. Matisse qualifiera la beauté de Lydia comme étant celle d’« une princesse de glace » et en fera son modèle privilégié. En 1938, congédiée par Madame Matisse, Lydia n’en demeure pas moins indispensable à l’artiste, pour le secrétariat, l’intendance, la manutention et l’assistance en atelier. Elle veille au calme nécessaire à la créativité de l’artiste, à la logistique, tout en posant pour des tableaux et dessins. Elle participe aux accrochages des expositions consacrées à l’artiste, elle assure le suivi de la réalisation des carreaux de céramique et des vitraux de la chapelle du Rosaire de Vence, elle suit la préparation du musée Matisse du Cateau-Cambrésis en 1952. Après la mort de Matisse en 1954, Lydia publie deux ouvrages, en témoignage de sa collaboration avec l’artiste : L’apparente facilité, Henri Matisse : peintures de 1935-1939, édité en 1986 chez Adrien Maeght, puis dix ans plus tard, Henri Matisse, contre vents et marées : peintures et livres illustrés de 1939 à 1943, aux éditions Hansma, Paris.

En savoir plus :

-Télécharger la biographie de Lydia
-Télécharger des citations (propos de Matisse ou de Lydia elle-même)


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