Dans le cadre de l'année du Canada à Nice ,
et de
l'exposition " Inspirations INUITS"
à l'Espace Méditerranée Nice-Acropolis
jusqu'au 20 janvier 2006


Matisse : Une fête en Cimmérie
19 décembre 2005 – 19 janvier 2006

L’Ambassade du Canada en France a prêté un ensemble de trente-et-une lithographies d’Henri Matisse, représentant des visages esquimaux et illustrant le livre Une Fête en Cimmérie. L’exposition bénéficie du précieux concours du musée Matisse de Nice .

Une fête en Cimmérie
Essai poétique de Georges Duthuit, illustré par Matisse

La fille d’Henri Matisse, Marguerite, et son époux, Georges Duthuit, critique d’art, historien et écrivain, projettent en 1947 de constituer une série d'ouvrages sur le thème des rituels de la fête dans certaines civilisations, comme celle des Esquimaux, des Indiens, des Polynésiens et des Africains.

Inaugurant la série, le livre sur les Esquimaux est un essai poétique de Georges Duthuit, Une Fête en Cimmérie , pour lequel Matisse réalise les illustrations de visages d’Inuits.

Durant cette période, Matisse travaille au projet de la Chapelle du Rosaire de Vence, se consacrant à de nombreuses études pour élaborer les panneaux du Chemin de Croix, de la Vierge à l'Enfant et de Saint Dominique, à propos desquels il s’interroge sur la représentation ou non des visages, en raison de la spiritualité qu'ils doivent inspirer.
C'est aussi à ce moment que Matisse s'attache à dessiner de nombreux visages d'Esquimaux, peuple en relation permanente avec les forces mystiques et physiques de la Nature.

Le 26 janvier 1948, Marguerite Duthuit écrit à son père : « Nous avons tout de suite vu entre cet art et ton œuvre trop de points de contact » (in Catalogue raisonné des ouvrages illustrés, p. 269).

L'intérêt de Matisse pour la représentation de visages, qu'il nomme parfois masques, et sa curiosité pour les masques esquimaux sont surprenants.

Pour les portraits d’Inuits, Matisse s'est inspiré de documents photographiques et de divers livres ethnographiques, comme ceux de G. de Poncins, de Rasmussen et des masques de la collection de Georges Duthuit.

Visages esquimaux
Lithographies d’Henri Matisse

Entre 1947 et 1948, Matisse réalise, pour l’ouvrage de Georges Duthuit Une Fête en Cimmérie, trente-et-une lithographies de différents formats, représentant des visages d’Esquimaux.

Le livre, édité par Tériade, n’est finalement publié qu'en 1963, soit neuf ans après la mort de Matisse. Les lithographies qui le composent sont tirées par Fernand Mourlot.

Cette création constitue l’une des dernières manifestations de l’intérêt de Matisse pour le visage humain, dont il exprime les variations au moyen d’un graphisme simplifié, qu’il nomme « signe ».

Cette réalisation illustre également sa sensibilité et sa curiosité pour toute civilisation, ici à l’égard d’un peuple en relation permanente avec les forces mystiques de la Nature.

Européen, notre patrimoine va des jardins de la Méditerranée aux mers solides, tout au Nord.
(Matisse interrogé par Apollinaire, « Henri Matisse », La Phalange, n°2, 15-18 déc.1907)

L’art du portrait chez Matisse

« Ce qui m'intéresse le plus, ce n'est ni la nature morte, ni le paysage, c'est la figure. C'est elle qui me permet le mieux d'exprimer le sentiment pour ainsi dire religieux que je possède de la vie. »

Ainsi, durant toute son œuvre, la représentation du visage humain est un sujet qui force Matisse à développer ses recherches. Le portrait, l'autoportrait, le visage qui évolue jusqu'au masque, signe représentatif de l'essence d'une personnalité, sont des moyens d'approfondir les questions de l'expression, du regard, de la ressemblance et de la réalité.

Il suffit d'un signe pour évoquer un visage, il n’est nul besoin d'imposer aux gens des yeux, une bouche… il faut laisser le champ libre à la rêverie du spectateur.