Exposition – promenade :
De la composition colorée à l’écriture, l’art du livre et de l’affiche

mars – juin 2005
Horaires : de 10 h à 18 h
Ouvert tous les jours sauf le mardi


A l’occasion du cycle de conférences et rencontres littéraires « Henri Matisse, un printemps poétique » organisé au mois de mars 2005, le musée propose une exposition-promenade à la rencontre des livres illustrés par Matisse et des affiches dont il réalisa la composition.

Cette présentation donne l’occasion de revoir les différents ouvrages que Matisse se plût à illustrer, Ulysses de Joyce (1935), Pasiphaé de Montherlant (1944), Visages de Reverdy (1946), les Lettres Portugaises de Marianna Alcaforado (1946), Les Fleurs du Mal de Baudelaire (1947), Repli (1947) et Apollinaire (1952) de Rouveyre, Une fête en Cimmérie de Georges Duthuit (dessins d’illustration de 1948, livre publié en 1963), Poésies antillaises de John-Antoine Nau (dessins d’illustration de 1945 à 1953, livre publié en 1972).

Les techniques d’illustration sont variées, à la mesure de l’art graphique de Matisse qui utilise autant la linogravure, la lithographie, la plume, que les crayons de couleurs, comme pour Poèmes de Charles d’Orléans (1950).

Deux ouvrages Dessins,Thèmes et Variations (1943) et Jazz (1947) demeurent les créations les plus significatives de l’art de Matisse, de son art de la ligne, de la composition, de la couleur.

A propos de Thèmes et Variations, Matisse confie :
C’est ce que j’appelle le cinéma de ma sensibilité. Mon étude faite, ou plutôt mon point de départ établi, je laisse courir ma plume au gré de son caprice. Constatez : il y a là toutes les étapes qui, de la forme au rythme, me permettent d’assister à mes propres réactions. Cela m’amuse : j’ignore où je vais. Je m’en remets à mon inconscient et la preuve en est si flagrante que, si l’on me dérange pendant l’opération, il ne m’est plus possible de retrouver le fil.

Pour Jazz, Matisse compose les planches colorées à l’aide des papiers gouachés découpés, dont les effets chromatiques seront retranscrits pour l’édition du livre par la technique du pochoir.
Interrogé sur la façon dont il a eu l’idée de faire le livre Jazz, Matisse répond :
En dessinant aux ciseaux dans des feuilles de papier colorées à l’avance, d’un même geste pour associer la ligne et la couleur, le contour à la surface. L’idée m’est venue de les réunir et Tériade en a fait un volume. […] Il ne suffit pas de mettre les couleurs, si belles soient-elles, les unes auprès des autres, il faut encore que ces couleurs réagissent les unes sur les autres. Sinon c’est la cacophonie. Jazz est un rythme et une signification.

Un ensemble d’affiches accompagne cette présentation de livres illustrés.
Certaines ont été composées par Matisse lui-même pour des manifestations particulières, comme la vente d’œuvres de Matisse, Chagall, F. Léger, Braque au profit des Sinistrés d’Italie (1er décembre 1951, Galerie Muratore, Nice), le gala de Sainte Catherine au bénéfice de la maison de la Midinette (25 novembre 1946, Palais de Chaillot, Paris) ou la présentation d’affiches d’expositions réalisées depuis 25 ans à l’occasion du centenaire de l’imprimerie Mourlot (décembre 1952 – janvier 1953, Galerie Kléber, Paris).
D’autres reproduisent une œuvre de l’artiste à l’occasion d’expositions, comme une affiche japonaise de 1951 ou celle de l’exposition Henri Matisse, Knokke-le Zoute (1952), ou de rétrospectives, comme Henri Matisse - œuvres récentes 1947-1948, au musée national d’Art moderne, Paris (1949).

Les couleurs, les lignes sont des forces, et dans le jeu de ces forces, dans leur équilibre, réside le secret de la création.
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