Au début du XVIIe siècle, sur le domaine appartenant à la famille de Gubernatis, dont le chef, Jean-Baptiste, fut premier consul de Nice en 1618 et 1628, on trouve trace, au milieu des vestiges de la cité romaine de Cemenelum, d’une modeste maison de campagne, simple bâtiment pour les métayers qui exploitent la terre.
Son héritier, Jean-Jérôme de Gubernatis, président du Sénat de Nice et ambassadeur des ducs de Savoie, décide de construire une maison de maître, qu’il baptise « Palais de Gubernatis », les thermes romains abritant désormais les métayers.
Achevée en 1685, c’est une riche demeure typique de l’architecture génoise, à la façade colorée, ornée de décors en trompe-l’œil et percée de nombreuses fenêtres. À l’intérieur, l’imposant vestibule élève ses voûtes en arêtes sur le fût de hautes colonnes.
En 1823, le comte Raymond Garin de Cocconato rachète la propriété. Il favorise également les fouilles dès 1865, lesquelles permettront de mettre au jour un quartier de la cité romaine de Cemenelum. La villa Garin présente alors les allures d’une campagne romantique.


| © Acadèmia Nissarda, Pays de Nice et ses peintres

Photo © Ville de Nice, Musée Masséna
« Le vaste et majestueux bâtiment est entouré de cyprès, d’oliviers et de palmiers, au milieu des ruines romaines. Devant la façade, on distingue une grande pelouse semi-circulaire avec des tronçons de chapiteaux et des statues en marbre placés au milieu d’un épais rideau de cyprès ; à gauche les arènes, à droite le temple [les thermes] de Diane et le palais des préfets ». (L. Watripon, Nice-guide, 1869).
Raymond aura pour fils Urbain, surtout connu des Niçois pour sa passion du dessin et de l’aquarelle. Après l’annexion de Nice en 1860, la famille Cocconato ne réside plus à Nice que rarement, la villa devient une résidence d’été puis, à la fin du XIXe siècle, une modeste pension anglaise.
L’urbanisation croissante de Nice au début du XXe siècle va mettre en péril l’existence même du domaine. Ainsi, la villa Garin de Cocconato est vendue en 1923 à une société immobilière qui trouvait là un intéressant terrain à bâtir. Soucieuse de préserver le site, la Ville de Nice acquiert en 1950 la maison et la rebaptise « Villa des Arènes ».
En 1963, alors que le musée d’Archéologie occupe le rez-de-chaussée, le musée Matisse, fruit de l’importante donation à la Ville de Nice des héritiers Matisse, prend place au premier étage de la villa.
En 1989, le musée d’Archéologie est créé sur le site romain voisin. Le musée Matisse est rénové et agrandi. Il réouvre ses portes sous sa forme actuelle en juin 1993.



