Une collection singulière

Présentation

Henri MATISSE Danseuse créole Nice, 1950 Papiers gouachés, découpés, collés sur papier Canson blanc, marouflé sur toile tendue sur un châssis 205 x 120 cm Signé et daté en bas à droite "Matisse Juin 50" à la gouache noire Musée Matisse, Nice Don d’Henri Matisse, 1953
Henri MATISSE, Danseuse créole, Nice, 1950 Papiers gouachés, découpés, collés sur papier Canson blanc, marouflé sur toile tendue sur un châssis 205 x 120 cm
Signé et daté en bas à droite “Matisse Juin 50” à la gouache noire
Musée Matisse, Nice, Don d’Henri Matisse, 1953
© Succession H. Matisse

La collection du Musée Matisse de Nice est unique au monde dans la mesure où elle réunit un ensemble d’œuvres et d’objets issus de la collection de l’artiste ou de ses héritiers. La plupart de ces œuvres et de ces objets proviennent directement de l’atelier d’Henri Matisse, et constituent donc un témoignage exceptionnel. Visiter le Musée Matisse c’est avoir le privilège de pénétrer dans l’intimité de sa création à travers un parcours dans lequel œuvres et objets se répondent.

Pour Matisse, l’atelier n’est pas seulement un lieu neutre de production, mais aussi un cadre d’inspiration et son moteur. Il est aussi le lieu d’exposition de son propre travail pour lui-même ou l’éventuel visiteur. Matisse choisit avec soin ce qui l’entoure, créant ainsi un environnement mobile qui se transforme, de l’espace théâtral de l’atelier niçois de la place Charles Félix dans lequel il campe ses odalisques, à l’atmosphère de jardin exotique de l’appartement-atelier du Régina où il travaille aux maquettes des grandes gouaches découpées à même les murs.

Matisse fut son premier et plus exigeant collectionneur. Les pièces qu’il conserve ont été choisies parce qu’elles signifient pour lui et pour son œuvre quelque chose de particulier. Chacun des objets et chacune des œuvres de la collection du Musée Matisse constitue un héritage porteur de ce sens. Au delà même de sa valeur matérielle inestimable, il faut donc lire cet ensemble exceptionnel comme un message que l’artiste nous adresse à travers sa collection, devenue notre collection.

Les pièces de mobiliers, de textiles, les ustensiles divers, qui ont constitué ce que l’écrivain et poète Louis Aragon appelait joliment « la palette d’objets » de l’artiste, sont pour la plupart conservées au Musée Matisse de Nice, soit un ensemble de plus de 130 objets. A cet ensemble rare, s’ajoutent des objets de diverses cultures extra-occidentales, art océanien, art africain, art d’extrême orient ou islamique, que Matisse conservait et qui constituaient la source d’inspiration essentielle d’une œuvre qui s’est en grande partie construite sur le dialogue des cultures.

La collection comprend 31 peintures, 454 dessins et gravures, 38 gouaches découpées et 57 sculptures, couvrant toutes les périodes de production de l’artiste, ainsi que plus de 400 éléments de gouaches découpées non utilisés par Matisse dans ses compositions, donnés par la famille en 2012. On peut citer quelques ensembles remarquables. Le Musée Matisse est le seul musée en Europe à conserver la quasi-totalité de l’œuvre sculpté de l’artiste, mettant ainsi en exergue une pratique qu’il a tout au long de sa carrière associée à celle de la peinture. Autour de son premier tableau de 1890, un groupe d’œuvres témoigne de ses débuts et de son parcours à l’École des Beaux-Arts: « Je me suis inventé en considérant d’abord mes premières œuvres », confiait-il à Apollinaire en 1907.

L’ensemble des œuvres de la période du fauvisme montre son entrée dans le champ de l’expression par la couleur avec notamment l’emblématique Portrait de Madame Matisse de 1905 ainsi que son portrait par André Derain. Le musée conserve également un ensemble de travaux préparatoires, dessins et peintures autours de La Danse de Barnes (1930-1933), ainsi que deux grandes compositions des années 1930, Tahiti I (1935) et La Verdure (1935-1943). Les gouaches découpées, dernière technique mise au point par l’artiste, sont particulièrement bien représentées avec des pièces telles que le Nu bleu (1952), Danseuse créole (1950), ainsi que la grande composition Fleurs et fruits (1952-1953), l’une des plus grandes conservées en Europe. A cela s’ajoute le très bel ensemble des travaux préparatoires autour de la Chapelle de Vence avec notamment treize des dix-neuf maquettes des chasubles et des grands dessins au pinceau.

Autour de cette collection singulière, le Musée Matisse développe une programmation dynamique d’expositions temporaires, de médiations, et d’activités pédagogiques et culturelles avec pour but de favoriser la connaissance de l’œuvre d’Henri Matisse. L’axe essentiel de la programmation repose sur le principe du dialogue avec les cultures et les générations en écho à l’esprit de la recherche artistique de Matisse.

Henri Matisse, "Fauteuil rocaille" , Vence, 1946 - au premier plan : fauteuils et guéridon vénitiens ayant appartenu à l'artiste.
Au mur : Henri Matisse, Fauteuil rocaille, Vence, 1946
Au premier plan : fauteuils et guéridon vénitiens ayant appartenu à l’artiste.
Collection Musée Matisse, Nice.
© Succession H. Matisse pour les œuvres de l’artiste

Repères

  • 1869 : naissance d’Henri Matisse au Cateau-Cambrésis.
  • 1917 : premier séjour d’Henri Matisse à Nice.
  • 1953 : Henri Matisse fait don à la Ville de Nice de plusieurs œuvres majeures.
  • 1954 : disparition d’Henri Matisse.
  • 1960 : legs de Madame Matisse, vingt peintures, cinq sculptures, quatre-vingt dessins et la grande gouache découpée Fleurs et fruits (1952-1953), cent neuf objets et meubles ayant appartenu à l’artiste.
  • 1960 : donation des héritiers de l’artiste, Marguerite Duthuit, Jean et Pierre Matisse, dessins et maquettes des ornements pour la Chapelle de Vence, études pour La Danse de la Fondation Barnes.
  • 1963 : inauguration du Musée Matisse au premier étage de la villa des Arènes.
  • 1963 : donation des héritiers de l’artiste, six peintures, deux gouaches découpées, cent trente-deux gravures, sept livres illustrés ainsi que des objets ayant appartenu au peintre.
  • 1978 : donation Madame Jean Matisse à l’État, cinquante-deux sculptures, et cinq pièces importantes mises en dépôt au Musée Matisse de Nice (La Verdure, Tahiti I, Nu bleu IV, L’Acrobate, L’Arbre de vie).
  • 1991 : dation Pierre Matisse à l’État, Femme à l’amphore (1953), La Porte du confessionnal (1950), deux bronzes, mis en dépôt au Musée Matisse de Nice.
  • 2006 : don de dessins de la collection Pierre et Maria Gaetana Matisse.
  • 2010 : don de tissus et costumes de la collection de Pierre-Noël Matisse et Jacquelyn Miller Matisse.
  • 2011 : don par Claude et Barbara Duthuit de la céramique de La Piscine.
  • 2011 : don de lithographies et de gravures d’atelier de Jacqueline Matisse-Monnier.
  • 2012 : don des héritiers de l’artiste d’un ensemble de plus de quatre cents éléments en papiers gouachés découpés.
  • 2013 : don d’œuvres graphiques de la collection Claude et Barbara Duthuit.
  • 2013 : installation de la céramique monumentale La Piscine, don de Claude et Barbara Duthuit.
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