Cette exposition est réalisée en collaboration avec le Musée Rodin de Paris et le musée des Beaux-Arts de Nice.
Une rencontre entre deux créateurs tels Henri Matisse et Auguste Rodin suscite réflexions, interrogations. L’œuvre de chacun est singulière, reconnaissable entre toutes et rien, a priori, n’amène à de réelles comparaisons. Rodin domine l’art de la sculpture par sa monumentalité allégorique et son expressivité. Matisse règne sur la peinture et le dessin, par des harmonies vives et nouvelles, par la force du trait, à la recherche de la simplification des formes.
Les deux artistes pratiquent chacun l’art maîtrisé par l’autre : Matisse sculpte, Rodin dessine.
Un face-à-face entre leurs œuvres met en évidence une parenté dans leurs différents processus de création, leur intérêt pour l’art antique et les Maîtres classiques, pour le modèle vivant et leur grande liberté dans le traitement du nu.
Après 1900, Rodin utilise plus le crayon et le papier que l’argile. Matisse imbrique la sculpture dans son œuvre comme un élément de même importance que le dessin et la peinture. Il ira jusqu’à un sentiment de création totale avec l’utilisation de papiers gouachés découpés : « découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs1 » (Henri Matisse, Jazz, éditions Tériade, Paris, 1947).
Rodin influence de nombreux artistes de son époque. En 1899, la force de création de Rodin attirera Matisse, sans que leur rencontre ne s’ouvre sur de réels échanges. Créer un rapprochement entre les sculptures et les dessins de ces deux artistes fait apparaître leur parcours, l’intensité de leur recherche, leur rupture avec la tradition classique, le dépassement de leur propre œuvre par les artistes contemporains.