Le musée Matisse vient d’acquérir par achat un dessin et une lithographie de Matisse ayant appartenu à Odette Magliano, ainsi qu’un ensemble d’archives.
Cette acquisition a été réalisée avec le soutien financier exceptionnel de l’Association nouvelle des Amis du musée Matisse à Nice.
Elle a bénéficié du précieux concours de l’Étude SCP Arnaud – Franco – Pernès – Notaires associés, Nice.
Une acquisition présentée au musée Matisse (salle 3) du 7 mai au 8 septembre 2025.

Collection Odette Magliano, Musée Matisse Nice
Photo © François Fernandez
Profil DE FEMME
Crayon sur papier, 1940
Ce portrait de Lydia Delectorskaya, offert à Odette Magliano, complète superbement l’ensemble du musée dédié à cette figure essentielle de la dernière période de création de l’artiste.
Née en Sibérie occidentale, la jeune Lydia se retrouve orpheline au début des années 1920. Elle est recueillie par sa tante, avec laquelle elle émigre en France en 1928 pour fuir la guerre. Après un premier séjour à Paris, elle arrive à Nice à l’été 1930. Le hasard la conduit à Henri Matisse, qui l’engage quelques mois pour l’assister dans la réalisation de La Danse de Barnes. En octobre 1933, elle est rappelée par Madame Matisse, qui nécessite la présence d’une dame de compagnie et garde-malade. À la fin de cette même année, l’artiste fait un premier portrait d’elle à l’estompe. Rapidement, Lydia devient le modèle privilégié mais aussi l’aide d’atelier et la secrétaire de Matisse, jusqu’à sa mort en 1954. Sa grâce naturelle, son élégance, la pureté de son visage, alliés à un corps souple et longiligne, vont inspirer Matisse pendant les vingt dernières années de sa vie. Lydia Delectorskaya est ainsi immortalisée dans soixante-neuf tableaux et une centaine de dessins d’Henri Matisse.
Henry de Montherlant
Lithographie, 1942
Aux yeux de Matisse, l’estampe n’a pas un statut inférieur à celui de la peinture, de la sculpture ou du dessin.
Le musée a la chance de conserver un ensemble gravé qui permet aujourd’hui l’étude d’un corpus significatif, que cette lithographie vient enrichir de manière particulièrement pertinente.
Contemporain de Matisse, le romancier, essayiste et dramaturge français Henry de Montherlant (1895-1972) partage avec le maître la même fascination pour l’Afrique du Nord et le culte de la Méditerranée. Désireux d’unir son nom à celui de Matisse, Montherlant le contacte en 1935 avec le projet de lui confier les illustrations d’un de ses ouvrages. S’ensuivent de longs échanges entre l’artiste et l’écrivain et, en 1937, Matisse accepte l’idée d’illustrer Pasiphaé.
Le musée Matisse conserve un exemplaire de cette édition ainsi qu’une version « album » contenant uniquement les gravures, publiées à l’initiative des héritiers de l’artiste en 1981.
Matisse réalise plusieurs portraits de Montherlant à l’occasion de ses visites à l’hôtel Régina, dont certains profils en linogravure, à l’image de celui figurant en ouverture de Pasiphaé. Le musée Matisse possède deux de ces portraits au fusain.
Enfin, témoin de l’amitié développée entre l’artiste et l’écrivain, le drame en quatre actes Fils de personne publié chez Gallimard en 1944 et dont l’un des exemplaires est dédicacé par l’auteur a rejoint la bibliothèque de Matisse de son vivant, puis le musée niçois à la suite du legs de ses héritiers à la Ville.

Collection Odette Magliano, Musée Matisse Nice
Photo © François Fernandez

Lot d’archives : correspondance et photographies échangées entre Henri Matisse et Odette Magliano
À la vente du dessin et de la gravure a été adjoint un ensemble d’archives, indispensable à l’étude de ces œuvres et à la restitution auprès du grand public du contexte de l’atelier. Ces archives, composées de lettres, télégrammes et photographies, permettent en outre de retracer le lien entre Matisse et Odette Magliano.
L’entrée du dessin et de la gravure dans la collection seront valorisés par le biais d’une exposition-dossier présentée au musée Matisse, qui intégrera également ces éléments d’archives.
Une politique d’acquisition raisonnée
Les collections du musée Matisse sont fondées essentiellement sur des libéralités liées aux donations d’Henri Matisse et de ses héritiers à la Ville de Nice depuis 1953, auxquelles il faut ajouter des dépôts de l’État (musée du Louvre, musée d’Orsay, musée national d’Art moderne). La politique d’acquisitions que nous poursuivons permet à notre institution de perpétuer sa mission d’étude de ses collections et de diffusion de l’œuvre de Matisse.
Une réflexion ciblée sur les collections d’art graphique, les imprimés, la photographie et les fonds documentaires permet d’envisager un enrichissement raisonné de la collection, favorisant des dialogues féconds avec la collection du musée.
C’est dans ce contexte que le musée Matisse a pu faire l’acquisition d’un dessin, d’une gravure et d’un ensemble d’archives issus de la collection « Odette Magliano ».

Pour en savoir davantage, consulter le communiqué de presse ici.