Matisse, le ciel découpé : genèse de l’art du papier gouaché découpé, collection du Musée Matisse

Dans son ouvrage Henri Matisse, Roman, tome II, publié en 1971, Louis Aragon nomme un de ses derniers chapitres « Le ciel découpé ». Cette vision poétique fait référence à l’attachement de Matisse pour le ciel méditerranéen dont la luminosité l’a inspiré et qui semble réapparaître dans la singularité de ses papiers gouachés découpés.

En réalisant des œuvres en papiers gouachés découpés, Matisse résout l’un des problèmes majeurs de la peinture, l’éternel combat entre le dessin et la couleur. Préalablement à toute figure, la couleur est posée sur la surface du papier. Puis Matisse découpe aux ciseaux cette surface colorée. De ce fait, il unit en un seul geste l’énergie du trait et le rayonnement de la couleur.

Le motif, la figure ou la forme prend son existence puis sa place dans la composition. Au gré de la volonté de l’artiste, les papiers gouachés sont déplacés, épinglés. Ils gardent leur liberté jusqu’à la place qui leur sera assignée.

Matisse introduit ainsi de nouveaux rapports entre l’espace et les masses, entre les motifs et les couleurs.

Souvent, le bleu prédomine comme l’infinité du ciel.

Autour de prêts prestigieux et des œuvres de la collection du musée, l’exposition se propose de suivre la genèse de l’art des papiers gouachés découpés, en retraçant le cheminement historique menant à l’aboutissement particulier de l’utilisation du papier gouaché découpé.

Cette exposition est accompagnée par la publication du livre Henri Matisse, le ciel découpé, des éditions Jacabook (Milan) et Citadelles et Mazenod (Paris), en hommage à la donation par la famille d’Henri Matisse d’un ensemble de plus de quatre cents éléments en papiers gouachés découpés non utilisés dans ses œuvres par l’artiste, et à celle de la céramique La Piscine par Monsieur et Madame Claude Duthuit en 2011.

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