Une collection, un historique

Tout au long de l’année 2001, le musée Matisse mettra à l’honneur ses collections permanentes constituées de donations successives, de dépôts de l’État et de dations permettant ainsi d’en souligner le caractère particulier.

Henri Matisse, puis ses héritiers firent, dès l’origine, un choix d’œuvres et d’objets dans le but de créer un ensemble cohérent destiné à un large public.

Henri Matisse, en son vivant, puis Madame Henri Matisse, enfin tous les autres membres de la famille ont effectué d’importantes donations d’œuvres, objets ou souvenirs du peintre, à la ville de Nice directement, mais toujours pour être réunis et présentés ensemble […]. L’un des buts poursuivis est de former un ensemble harmonieux et cohérent, permettant de suivre la démarche et les différentes recherches du peintre.[1]

C’est dans cet esprit que Henri Matisse fit une première donation à la ville de Nice, le 21 octobre 1953. Celle-ci fit partie alors des collections du musée Masséna et permit de découvrir plusieurs œuvres majeures comme la peinture Nature morte aux grenades réalisée à Vence en 1947, quatre dessins de la série Thèmes et variations des années 1941-1942, et la très belle gouache découpée Danseuse créole datée de 1951.

Matisse participa, aussi, activement à la vie culturelle niçoise. En compagnie de Pierre Bonnard, il encouragea la vocation de jeunes artistes régionaux en sa qualité de président d’honneur de l’association l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne créée en 1946.

La rigueur de Matisse pour ne pas voir naître de fausses interprétations concernant son œuvre, en particulier parmi la jeunesse, fut une attitude constante, une préoccupation respectée et reprise par ses héritiers.

Ainsi, une des motivations de la création du musée Matisse, en 1963, fut d’offrir la possibilité de suivre, de comprendre le cheminement artistique du peintre, dans sa dynamique, son évolution, afin de tisser des liens avec le monde de l’enseignement, de la formation et d’encourager la réflexion et la curiosité d’un large public.

J’ai toujours essayé de dissimuler mes efforts, j’ai toujours souhaité que mes œuvres aient la légèreté et la gaieté du printemps qui ne laisse jamais soupçonner le travail qu’il a coûté. Je crains donc que les jeunes, en ne voyant que l’apparente facilité et les négligences du dessin, se servent de cela comme d’une excuse pour se dispenser de certains efforts que je juge nécessaires.[2]

Matisse resta, avant tout, attentif à la quête et à l’offrande du bonheur.

Je m’emploie à créer un art qui soit pour le spectateur, à quelque condition qu’il appartienne, une sorte de calmant cérébral, de trêve, de certitude agréable, qui donne la paix et la tranquillité.[3]

Cette exposition-dossier définit la place originale de la collection du musée dont la ville de Nice souhaite poursuivre le rayonnement international.


[1] Archives musée Matisse, Nice

[2] Matisse, H., Écrits et propos sur l’art. Textes, notes, et index établis par Fourcade, D., Collection Savoir, Hermann,
Paris, 1972 – p. 312

[3] Matisse, H, Écrits et propos sur l’art, Op. cit. – p. 50, note 16

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