Partenariat : Kunstmuseum de Bâle

Venez découvrir deux chefs-d’œuvre de Matisse exceptionnellement prêtés par le Kunstmuseum Basel.

À l’occasion de la grande exposition sur le fauvisme, « Matisse, Derain et leurs amis » organisée par le Kunstmuseum de Bâle, le musée Matisse prête 22 œuvres de sa collection. Le musée Matisse accueille quant à lui, jusqu’à début janvier 2024, deux peintures de Matisse de la collection du musée suisse. Les visiteurs ont ainsi la chance de découvrir, aux côtés des œuvres de la collection permanente : Femme au divan (1921-1922), qui témoigne des scènes d’intérieur peintes par Matisse lors de ses premiers séjours à Nice, ainsi que Nature morte aux huîtres, véritable chef-d’œuvre du genre, peint au Régina en 1940.  

Photo © Kunstmuseum Basel

Henri Matisse
Femme au divan
Hôtel de la Méditerranée, Nice, fin 1920 – début 1921
Huile sur toile, 60,2 x 73,4 cm
Kunstmuseum Basel, legs du Dr. h.c. Richard Doetsch-Benziger, Bâle, 1960

À la fin de l’année 1918, après une première année passée à Nice, Matisse s’installe à l’hôtel de la
Méditerranée au 25 de la promenade des Anglais : « J’y suis resté quatre ans pour le plaisir de peindre
des nus et des figures dans un vieux salon rococo » (Matisse à Francis Carco, 1953). Antoinette Arnoud devient alors son modèle et pose dans de nombreuses scènes d’intérieur que l’artiste campe dans l’atmosphère feutrée de la chambre qu’il loue. Durant cette première période niçoise, son œuvre est marquée par un retour à une palette plus impressionniste, douce et atmosphérique.


Photo © Kunstmuseum Basel

Henri Matisse
Nature morte aux huîtres, Nice, 1940
Huile sur toile, 65,2 x 80,9 cm
Kunstmuseum Basel, achat, 1942

Réalisé entre le 22 novembre et le 3 décembre 1940, ce tableau témoigne, avec la célèbre Nature morte au coquillage (1940, Musée Pouchkine, Moscou), du choix de Matisse de revenir à la représentation d’objets. Après s’être consacré à la décoration murale La Danse à la Fondation Barnes entre 1930 et 1933, il s’était en effet essentiellement intéressé à la figure. Motif traditionnel de la peinture hollandaise du XVIIe siècle également emprunté par Manet, Caillebotte ou Renoir, les huîtres permettent à Matisse de se rapprocher « de la matière des choses » et de travailler à rendre les « sensations gustatives » suscitées par l’aliment (lettre à Theodor Pallady, 7 décembre 1940). Il retrouve ainsi la sensualité et les « saveurs d’une peinture savoureuse » dont il radicalise et dynamise la composition en combinant léger contre-plongée et abolition de la perspective (grâce à l’aplanissement de la table, surface bleue et rose parallèle au plan du tableau).

Femme au divan au Musée Matisse Nice | Photo © Ville de Nice – Julien Veran