partenariat : Musée d’Art Classique de Mougins (MACM)

Saviez-vous que votre billet d’entrée au musée Matisse vous permet d’accéder gratuitement au musée d’Archéologie de Nice-Cimiez ? L’occasion de regarder Matisse sous le prisme de l’Antique.

Le musée Matisse a mis en place une signalétique spécifique permettant d’identifier au sein du parcours de visite les œuvres de Matisse faisant référence à des formes artistiques, des thèmes et des mythes issus de l’Antiquité. En savoir plus

Pour enrichir ces échos, le musée Matisse présente, jusqu’à début janvier 2024, deux dessins prêtés par le Musée d’Art Classique de Mougins (MACM) / La Collection Levett.

Photo © Musée d’Art Classique, Mougins

Henri Matisse
Buste ancien
Non daté (probablement autour de 1895)
Fusain sur papier, 62,2 x 47,9 cm
Musée d’Art Classique, Mougins

Ce dessin d’un buste de l’empereur romain Caracalla témoigne des années d’études du jeune Matisse entre 1892 et 1897 à l’École des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Gustave Moreau. L’enseignement était alors essentiellement fondé sur l’apprentissage du dessin d’après modèle vivant et d’après l’Antique ainsi que sur des copies peintes d’après les maîtres du Louvre.
Matisse réalise donc pendant cette période de nombreux dessins au fusain et au crayon d’après des reproductions en plâtre de sculptures antiques, grecques et romaines.

Je me suis souvenu d’études que j’ai faites devant d’autres sculptures antiques. Ces études n’ont pas produit de dessins agréables, mais des dessins portant la révélation d’efforts intenses, non aboutis c’est vrai, mais reconnus profitables par la suite.

Henri Matisse, dans « Traits », n°8, mars 1950
Photo © Musée d’Art Classique, Mougins

Henri Matisse
Étude pour Circé (illustration pour Ulysses de James Joyce)
1934
Crayon sur papier, 50,3 x 37,8 cm
Musée d’Art Classique, Mougins

À la fin de l’année 1933, Matisse est contacté par l’éditeur George Macy, lui proposant d’illustrer une nouvelle édition d’Ulysses de James Joyce. Ce long roman paru en 1922 explore la banalité (et la trivialité) du quotidien à travers les pérégrinations, sur l’espace d’une journée, de Leopold Bloom dans la ville de Dublin. Les voyages d’Ulysse transparaissent en filigrane, de manière analogique et parodique. Jugé obscène, le livre fut interdit aux États-Unis jusqu’en 1934.

Matisse réalise six eaux-fortes qui s’inspirent des grands thèmes de l’Odyssée d’Homère. Il a aussi l’idée d’insérer avant chaque gravure des études au crayon, donnant à voir – comme à travers les photographies d’états pour ses tableaux – le cheminement l’ayant mené à la version définitive. En cela, Matisse se rapproche de l’écriture de Joyce qui tente de transcrire le flux de la pensée de ses personnages.

Ce dessin représentant Circé est sans doute l’une des premières études réalisées par Matisse pour évoquer l’épisode où Ulysse rencontre la puissante magicienne. Il est très éloigné stylistiquement de la composition de la planche finale, beaucoup plus radicale, qui présente un enchevêtrement de corps stylisés aux positions acrobatiques.