Le musée Matisse participe au projet mené par l’INHA de cartographie des objets d’Afrique et d’Océanie présents dans les collections publiques françaises.
La cartographie « Le monde en musée » a été mise en œuvre par l’Institut National d’Histoire de l’Art dans le cadre du projet « Vestiges, indices, paradigmes : lieux et temps des objets d’Afrique (XIVe-XIXe siècle) » mis en place par Claire Bosc-Tiessé en 2017. Le Musée d’Angoulême en est le partenaire principal, conservant lui-même une des plus importantes collections d’objets d’Afrique et d’Océanie en France. Cette cartographie est pensée comme outil de recherche et passerelle entre musées et institutions de recherche.
Le musée Matisse a rejoint le projet en 2021
Inauguré en 1963 dans la villa des Arènes, non loin de l’ancienne résidence d’Henri Matisse (1869-1954), le musée Matisse expose des œuvres du peintre données par lui-même ou par ses héritiers sur plusieurs décennies après sa mort. La collection comprend aussi plus de 130 objets de la collection personnelle d’Henri Matisse, dont un certain nombre d’objets d’art africains et océaniens. Ces derniers sont désormais répertoriés dans ce premier état des lieux qui sera enrichi au fil des recherches.
Les objets africains
Les donations de la famille (auxquelles il faut ajouter un objet donné par Michel Gaudet) comprennent quelques-uns des objets africains ou produits en Afrique qu’Henri Matisse avait acquis et parfois utilisés dans ses peintures dès 1906. Le musée possède aujourd’hui quatorze objets d’entre eux. Ces objets sont de nature très diverse : des guéridons d’Afrique du Nord dont un de style Napoléon III produit en Afrique du Nord, un fauteuil de même provenance ainsi que des broderies. À partir de 1918 et dans les années 1920, Matisse avait acquis, notamment auprès du marchand belge Henri Pareyn, cinq étoffes en raphia tissé (provenant de l’aire Kongo, certaines dites kuba dans l’inventaire du musée mais sans exclusive). Certaines illustrent des articles des Cahiers d’art édités par Christian Zervos en 1927. Provenant aussi d’Afrique centrale, il possédait aussi un masque bwoom kuba (ayant appartenu auparavant à Vlaminck), et un linteau avec une tête sculptée de la même région, dite pende (actuelle République démocratique du Congo). Par ailleurs, le musée Matisse du Cateau-Cambrésis conserve des objets similaires, aussi issus des collections du peintre.

Photo © François Fernandez

Photo © François Fernandez
Les objets océaniens
Les donations de la famille dans les années 1960 (auxquelles il faut ajouter un dépôt par Barbara Duthuit en 2000) comprennent quelques-uns des objets océaniens qu’Henri Matisse avait acquis et parfois utilisés dans ses peintures dès 1906. Le musée conserve actuellement cinq d’entre eux. Grâce au critique d’art et galeriste Christian Zervos, il remarque, en septembre 1936, l’effigie funéraire (malanggan ou malagan) de Nouvelle-Irlande provenant de la collection de Paul Eluard. On trouve aussi dans le fonds océanien un collier de coquillages de Tahiti, un collier de Tasmanie (Australie) ainsi qu’un tapa et plat à kava à l’origine précise non indiquée.


