La Ville de Nice vient d’acquérir par achat un dessin pour les collections du Musée Matisse Nice.
Cette acquisition a été réalisée avec le soutien financier de l’Association nouvelle des Amis du Musée Matisse Nice.
L’acquisition a bénéficié du précieux concours de l’Étude SCP Arnaud Franco- Pernès – Notaires associés, Nice.
L’entrée de cette œuvre dans les collections du musée renforce le positionnement de l’institution comme un centre de référence dans l’étude de la création d’Henri Matisse.
Matisse et les plantes

Cette nouvelle acquisition figure des feuilles d’agave (Agave americana L), que l’on retrouve également sur les pages d’un carnet réalisé à Collioure en 1905. Cette œuvre au crayon, par endroits très marqué, illustre l’attrait de Matisse pour les plantes, les feuillages et les fleurs dont il approfondit l’observation dans le Sud, où il explore assidûment les jardins, comme au Maroc en 1912. Les plantes grasses offrent à Matisse l’occasion de dessiner des accumulations de feuilles, dont il supprime toute nervure, pour insister sur le dessin précis et rectiligne des formes qui se plient et se chevauchent. Il crée ainsi un mouvement tournant, et accentue son ampleur avec des contrastes puissants d’ombre et de lumière.
La connexion de Matisse avec la nature est profonde. Les paysages qu’il traverse, les jardins qu’il fréquente, jusqu’aux plantes qui l’environnent dans ses ateliers nourrissent son regard et s’imposent comme une source d’inspiration inépuisable.
L’immersion physique du peintre dans la nature transparaît intensément dans son œuvre. Dans ses nombreux dessins consacrés aux plantes, Matisse transforme la faune et la flore méditerranéenne en motifs décoratifs. Le motif végétal devient un objet de méditation, une idée de plénitude.

The Menil Collection
Dans un rapport sensible, il explore les rythmes des plantes en s’intéressant à leur architecture organique ainsi qu’à leurs couleurs. À son arrivée en Corse, le peintre est impressionné par la végétation de l’île et par ses couleurs ; tout y est « argenté », « panaché », « orangers sombres verts », avec « des fruits comme des bijoux sertis » (lettre à Albert Marquet, 1898). Pénétrant dans des jardins peuplés de pêchers, de grenadiers, de figuiers, d’abricotiers, Matisse observe la floraison des espèces.
L’herbier de Matisse est notamment composé de figuiers de barbarie, de palmiers, de cactus, d’aloès ou d’agaves. On y retrouve les magnolias, caroubiers, néfliers, jujubiers, poivriers, citronniers, grenadiers et les plantes grimpantes qui forment des guirlandes aussi bien dans ses peintures que dans ses dessins, livres illustrés et papiers gouachés découpés. À Nice et dans ses alentours, Matisse retrouve un condensé de ces essences, pour la plupart venues d’ailleurs. Le cyprès est perse, les agrumes sont orientaux, l’eucalyptus est australien.
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